• Myriam

365 DNI - Ceux qui cautionnent le film sont-ils " fous" ?


Après avoir visionné le film dont beaucoup parlent et qui semble être sujet à controverse sur Netflix, je décide d'y aller de mon grain de sel.


Pour info : " Massimo est membre de la mafia sicilienne et Laura est directrice des ventes. Cette dernière ne se doute pas de ce qui l'attend lors d'un voyage en Sicile destiné à sauver son couple : Massimo la kidnappe et lui donne 365 jours pour qu'elle tombe amoureuse de lui." (Crédit : Allociné)


Vous trouverez pour celles et ceux qui le souhaitent, différents articles sur d'autres sites traitant du sujet.


Les questions du viol, du consentement, du syndrome de Stockholm, du kidnapping... et de la gravité de certains agissements, puisque punissables par la loi, y sont déjà évoqués.


Ce post n'a pas vocation à juger l'histoire mais davantage à voir la critique qui en est faite, d'un angle différent.


Je veux dire par là, que je souhaite comprendre le point de vue des personnes qui voient en ce film et bien d'autres, "La Romance " par excellence.



Je trouve dangereux de ne pas préciser que 365 D.N.I (au même titre que d’autres films ou romans de type « dark romance ») peut laisser croire que l’amour se trouve dans le danger, dans la manipulation, dans la violence morale ou physique, dans l’illégalité et que cela est d’autant plus passionnant et acceptable lorsqu’un homme beau, riche, charismatique, dominateur et réalisant " tous tes fantasmes sexuels ", entre dans l’équation.


Oui, vous vous demandez peut-être comment est-ce acceptable pour Laura d’entendre de la part de Massimo « je ne te toucherai que lorsque tu me le demanderas … », alors qu'à plusieurs reprises, il lui touche différentes parties intimes du corps sans qu'elle n'ait explicitement donné son accord ?


Premières questions qui me viennent : Qui ne dit mot consent ? Pour qui ? Massimo ou Laura ? Les deux ? ...


Oui, vous vous demandez possiblement, comment Laura, en sachant ce que fait Massimo dans la vie, en sachant qu’il l’a kidnappée, qu’il a utilisé la violence physique et psychologique contre elle (oui, plaquer une personne contre un mur en la tenant par le cou, la pousser sur un lit en montant sur elle et en la menaçant verbalement en étant nez contre nez etc… s’appelle de la violence physique, psychologique, verbale, de l’intimidation…), tombe amoureuse de lui, au point de, vouloir porter leur enfant, de l’épouser en l’absence de sa famille et de ses proches, de mentir à ses proches sur la vie qu’elle mène avec lui ?


Oui, vous vous demandez probablement, pourquoi Laura, qui semblait vouloir s’échapper au début, souffle en permanence le chaud et le froid avec Massimo ? pourquoi se montre-elle "provocatrice"?


Questions et encore des questions : Veut-elle vraiment s’échapper ? Est-elle en lutte contre ses propres pensées et envies ? Une fois la peur du début passée, reste-t-elle vraiment la captive de Massimo ? Où est-elle captive de ses craintes de voir certaines de ses croyances s'effondrer et les jugements de ses proches s'abattre sur elle, si elle admettait que cette relation est ce qui lui convient ?


Après avoir pris le temps de lire des articles et de visionner des vidéos mettant en lumière les scènes controversées que l'on voit dans le film, les points relevés semblent légitimes...Légitimes dans l'esprit des personnes qui entretiennent des relations relativement équilibrées, et qui ont pu, de par leur environnement, leur force de caractère, leur capacité de remise en question ... se constituer un socle émotionnel suffisamment stable et sécurisant afin d’éviter certaines conduites ou situations à risques.


Un public en demande

Cependant, il y a quand même le constat qui est le suivant :


Si ces films/romans existent, c’est certainement parce-que les romanciers, cinéastes etc… répondent à la demande d’un public qui a ses fantasmes, ses idéaux, une représentation de la place de l’homme et de la femme dans la relation qui lui est propre, une vision du couple différente de celle qui représente « la norme » dans notre société.


Bien sûr que le discours tenu par certain(e)s (voir vidéo ci-dessous), est extrêmement dangereux en plus d'être choquant, car il vient légitimer les coups pour celui qui les donne et accentuer le mal-être de celui les reçoit, dans un contexte où l’on ne peut que constater la recrudescence des violences conjugales et familiales.


Crédit vidéo : Youtube - Fukay1070


Pour autant, les personnes qui se reconnaissent dans le concept tel que présenté dans le film, sont-elles simplement « folles » ?


Prudence aux jugements hâtifs! 

Je reste très prudente car je doute que le jugement et le blâme soient des options constructives dans ce type de situation.


Je le répète, le but est d'essayer de comprendre, pas de prendre parti.


Si certains ont su ou pu faire la part des choses au fil des ans et des expériences, je pense que d’autres ont peut-être eu à faire à un environnement violent, malsain, instable, dépourvu de marques d’affection etc...


Peut-être même que le modèle parental comportait un dominant et un dominé dans une mesure parfois extrême.


Ce sont de brefs exemples parmi tant d’autres.


Ces éléments ont peut-être été intégrés au fil du temps, comme étant la norme pour ces personnes, comme étant les points d’identification pour une vie de couple « réussie », ou encore, parce-que c’est tout simplement ce qu’ont leur a appris, ce qu’ils ont retenu, ce qu’ils ont toujours vu.


Peut-être même que ces personnes pensent que si le couple n'a pas ce mode de fonctionnement, ce n'est pas "normal".


Dans certains des cas, et s’il n’y a pas de remise en question de ce schéma, alors oui, il est possible que les mêmes scénarios se répètent et que la personne en s’identifiant à ce qu'elle a toujours connu, prenne le rôle de bourreau ou de victime dans ses relations.


Pour aller même plus loin, certain(e)s ne savent même pas ce que c'est que d'aimer ou d'être aimer sans souffrir (masochisme) ou sans faire souffrir l'autre (sadisme).


Et si nous nous recentrons sur le film, les questions qui selon moi se posent sont alors, d’où vient Laura ? Qui est-elle ? Qu’a-t-elle vécu ? Avec quelles représentations a-t-elle évolué ? Ce choix le fait-elle vraiment en toute conscience ? Quelle est sa conception de l'amour ? d'une relation satisfaisante ?…


Quant à Massimo, et bien j’ai envie de vous dire que les mêmes questions peuvent se poser.


Si dans le film ce dernier est représenté comme le « bourreau » de Laura, est-il possible qu'il ait été, lui aussi, la victime de quelqu’un par le passé ?


Il se peut que certaines personnes mènent une existence au cours de laquelle s’accumulent traumatismes, échecs, violences, addictions etc... sans pour autant qu'elles en aient conscience ou simplement, sans avoir les ressources nécessaires pour s'en sortir seules.


Parfois, ces expériences les poussent ou poussent l'entourage à s'éloigner du fait de jugements permanents, de la peur de faire du mal ou d'être blessé... C'est donc dans une certaine solitude et une souffrance qui ne se remarque parfois plus, que la vie continue et que se répète l'histoire; histoire qui, même si elle est douloureuse, reste la seule "attache" connue et familière au fonctionnement de ces personnes.


Le meilleur service que l'on pourrait leur rendre, même si nous n'acceptons pas la vie qu'elles mènent, serait (comme le fait Olga, la meilleure amie de Laura), d'être présents à leurs côtés.


Encore faut-il s'en sentir capable, car bien souvent, la réalité est bien plus difficile à encaisser.


En tous cas, si vous en avez les capacités et si la personne refuse catégoriquement de se faire accompagner, n'hésitez pas à questionner cette personne sur ce qu'elle ressent, invitez là autant que possible à s'exprimer sur sa vision de la situation, à l'emmener à réfléchir sur le comment elle en est arrivée à ce stade etc... Il y aura peut-être plus de chance de lui faire prendre conscience de certaines choses ainsi, plutôt que d'être dans le reproche ou la mise en garde permanente qui pourrait braquer et faire se renfermer votre interlocuteur


Et si la situation devenait trop périlleuse pour vous, il est parfaitement entendable que vous preniez de la distance. Si vous le pouvez, faites en part au concerné en expliquant le pourquoi de cet éloignement en appuyant sur vos craintes. Encore un élément qui pourra, peut-être, venir alimenter sa réflexion.


Et si malgré tous les conseils, toutes les alertes, les mains tendues, ces personnes s’obstinent dans cette voie, alors malheureusement, elles devront faire face aux conséquences, aussi dramatiques soient-elles.


Tout ce que je peux espérer pour elles, c'est qu'elles n'attendent pas le coup de grâce pour réagir, car honnêtement, certains fantasmes risqueraient d'en décevoir certain(e)s s'ils devenaient réalité.





















65 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout